Comment répondre aux questions sur les prétentions salariales
La question des prétentions salariales met mal à l'aise la plupart des candidats, et ce malaise produit souvent de mauvaises réponses : soit une esquive vague (« je suis ouvert »), soit un chiffre trop bas qui vous ancre dans une position défavorable. Aucune des deux options ne vous sert bien. C'est une question à laquelle vous pouvez vous préparer entièrement à l'avance, et cette préparation est la seule chose qui sépare une réponse confiante d'une réponse faible.
Pourquoi on vous pose cette question
La question remplit deux fonctions. La première est pratique : le recruteur veut vérifier que vos attentes correspondent au budget prévu pour le poste. Si l'écart est important, autant le savoir tôt. La deuxième est évaluative : votre façon de répondre dit quelque chose sur votre connaissance de vous-même et sur votre compréhension de votre valeur sur le marché. Un candidat qui dit « ce que vous jugez équitable » signale qu'il n'a pas réfléchi à ce qu'il vaut. Ce n'est pas une qualité que les employeurs recherchent dans la plupart des postes qualifiés.
Se renseigner sur sa valeur marché
C'est l'étape la plus importante, et elle doit se faire avant l'entretien. Utilisez plusieurs sources. Glassdoor et LinkedIn Salaires proposent des fourchettes filtrées par localisation, secteur et niveau d'expérience. Les enquêtes salariales de branches ou d'organismes professionnels, comme celles publiées par l'APEC pour les cadres, donnent un contexte plus fiable pour les postes spécialisés. Le portail de l'emploi et les grilles de conventions collectives sont également des repères utiles, surtout si le poste est couvert par une convention (bâtiment, commerce, métallurgie, etc.).
Construisez une fourchette réaliste pour votre situation spécifique : votre niveau d'expérience, le secteur, la taille de l'entreprise et la région. Paris paie généralement plus que les grandes villes de province pour le même poste. Les spécialisations en forte demande bénéficient souvent d'une prime. Tenez-en compte avant de vous fixer sur un chiffre.
Quand donner une fourchette et quand donner un chiffre précis
Dans la plupart des situations, une fourchette est la bonne réponse. Elle vous laisse de la marge pour négocier, ne vous enfonce pas dans un plancher, et montre que vous avez réfléchi à la question sans être rigide. Ancrez la fourchette dans le haut de ce que vous jugez réaliste : si vous seriez satisfait d'un salaire compris entre 45 000 et 55 000 euros bruts, dites 50 000 à 60 000. La négociation tirera généralement vers le milieu de l'ancre que vous avez posée.
Un chiffre précis peut se justifier quand vous étiez dans un poste similaire et ne cherchez pas à descendre, quand l'offre d'emploi mentionne explicitement la fourchette, ou quand l'employeur vous demande directement et répétitivement un seul chiffre.
Si la question arrive trop tôt
Lors d'un premier appel de présélection, vous ne connaissez peut-être pas encore suffisamment le périmètre du poste pour répondre précisément. Il est raisonnable de dire : « Je voudrais d'abord mieux comprendre les responsabilités avant de m'avancer sur un chiffre. Sur la base de ce que je sais pour l'instant, je me situe entre X et Y, mais je préférerais confirmer cela une fois qu'on aura échangé plus en détail sur le poste. » Cette réponse montre que vous avez réfléchi à la question sans être évasif. Si le recruteur insiste pour un chiffre, donnez la fourchette.
Erreurs courantes à éviter
Dire « je suis flexible » ou « je suis ouvert » sans donner la moindre fourchette est l'erreur la plus fréquente. Cela signale soit que vous n'avez pas fait vos recherches, soit que vous êtes tellement désireux d'obtenir le poste que vous accepterez n'importe quoi. Ces deux interprétations affaiblissent votre position dans toute négociation ultérieure.
S'ancrer trop bas par peur de se disqualifier est une erreur tout aussi significative. On peut toujours négocier à la baisse ; il est très difficile de renegocier à la hausse après avoir annoncé un chiffre trop faible. Documentez une fourchette réaliste et restez dans sa partie haute.
Communiquer spontanément votre salaire actuel avant qu'on vous le demande est rarement dans votre intérêt. Concentrez-vous sur ce que le poste vaut et sur ce que vous attendez, pas sur ce que vous gagnez actuellement.
Après avoir donné un chiffre
Restez silencieux après avoir annoncé votre fourchette. Ne commencez pas immédiatement à la justifier ou à la relativiser. Si l'intervieweur ne répond pas pendant quelques secondes, résistez à l'envie de combler le silence en abaissant vos attentes. Laissez le chiffre être. Si on vous dit que c'est au-dessus du budget, demandez quelle est la fourchette prévue pour le poste, et décidez ensuite si la conversation vaut encore la peine d'être poursuivie.
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